one’s mind and earth are in a constant state of erosion, mental rivers wear away abstract banks, brain waves undermine cliffs of thought, ideas decompose into stones of unknowing, and conceptual crystallizations break apart into deposits of gritty reason. Vast moving faculties occur in this geological miasma, and they move in the most physical way. This movement seems motionless, yet it crushes the landscape of logic under glacial reveries. This slow flowage makes one conscious of the
turbidity of thinking. Slump, debris slides, avalanches all take place within the cracking limits of the brain. The entire body is pulled into the cerebral sediment, where particles and fragments make themselves known as solid consciousness.

robert smithson // in a sedimentation of the mind: earth projects

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Joan AYRTON (1969 – Suisse), vit et travaille à Paris. De nationalité anglaise, elle est une artiste dont la production – peinture, photographie, plus récemment le film - interroge les enjeux du regard et de la représentation dans une réflexion sur ce qui compose les éléments du monde visible, paysage, architecture, couleur ou matière, sur les lignes qui les tissent, les définissent et les structurent. Depuis quelques années, son attention se porte plus spécifiquement sur des questions minérales ou géologiques, une recherche menant à considérer les instabilités et dérèglements du monde physique et politique contemporain, comme à penser les évocations ou métaphores d’une géologie abstraite (dans l’esprit des rivières mentales et cristallisations conceptuelles de robert smithson). Les médiums employés se relaient sans hiérarchie dans ces questionnements mais également, avec le scanner et les diverses techniques d’impression, dans une recherche sur l’image à travers son support, son format, son caractère unique ou multiple, sa disposition dans un espace. L’exposition est avant tout pour elle le moyen d’expérimenter un jeu de croisements d’idées dans un temps et un espace donné, de faire émerger d’un ensemble de pièces présentées une forme d’hypothèse.

En 2012, une bourse du Centre national des arts plastiques (CNAP) lui a permis de développer ses recherches en Islande. En 2014, elle a été commissaire de l’exposition Glissements de terrain, cartographie, pensée, paysage à la galerie la BOX à Bourges. En 2018, elle a initié un cycle de projections et rencontres sur le paysage géologique aux Beaux-arts de Paris dans le cadre de la programmation culturelle. En 2019, elle a présenté sous forme de conférence à la Villa Médicis à Rome un projet curatorial autour de l’idée de psychédélismes géologiques (liens entre le psychédélisme des années 60, la géologie et l’anthropocène). Son travail a fait l’objet de plusieurs publications, dont un catalogue monographique intitulé The sun had not yet risen paru aux éditions Liénart en 2012 (CNAP). Il est régulièrement montré en France et à l’étranger – en Suisse notamment où se déploie une importante partie de son activité. Elle est représentée par la galerie Florence Loewy à Paris.

Elle a enseigné de 2010 à 2016 à l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême et Poitiers (EESI), a été référente durant ces années, puis directrice en 2016, du troisième cycle Document et art contemporain. Elle a été de 2017 à 2018 en charge des études à l’École des Beaux-arts de Paris avant de reprendre l’enseignement en janvier 2019 à la Villa Arson à Nice.

Quelques exemples récents de son actualité artistique sont l’exposition personnelle A soft mellow Tinge dans l’édition 2018 de l’art dans les Chapelles (commissariat Éric Suchère), l’exposition Slow Melody Time Old à la galerie Florence Loewy en 2017, (…) aide à la vision, en strié sur les ondes lunaires, à rétrodiffusion. En grand : en petit, exposition en duo avec Benjamin L Aman aux Instants Chavirés à Montreuil en 2017 (commissariat Marie Cantos), Searching for and A à l’espace DAM à Romainmôtier en Suisse en 2016, Fast Colour exposition personnelle chez Florence Loewy à Paris en 2015, Trouble in painting, exposition collective au BBB à Toulouse en 2015 (commissaire Katharina Schmidt), une carte blanche dans le cadre de la revue Numéro Zéro aux Laboratoires d’Aubervilliers en 2014 sur l’invitation de la critique et commissaire Sally Bonn, Joan Ayrton et Virginie Yassef invitent un rocher, Copié Copié Copié, exposition collective à la Villa Bernasconi à Genève en 2014. Les FIACs (2018, 2016, 2015 …) sur le stand de la galerie Florence Loewy (Paris).